Parallèlement à saconsultation sur la norme « Future Homes Standard »relative à la réglementation en matière de construction, le gouvernement a dévoilé des changements radicaux concernant le mode de calcul sur lequel repose la partie L de la réglementation (Économies d'énergie et de combustible) eta lancé une consultation sur cette nouvelle approche.
La procédure d'évaluation standard (SAP)est, depuis 1993, la méthode approuvée par les pouvoirs publics pour estimer la performance énergétique des logements au Royaume-Uni. À l'époque, on estimait en effet qu'il était important que cette méthode soit suffisamment simple pour pouvoir être appliquée à l'aide d'un stylo, d'une feuille de papier et d'une calculatrice.
Comme on pouvait s'y attendre, des logiciels ont vu le jour pour faciliter le travail des auditeurs énergétiques. Fournies par des sociétés tierces, ces applications devaient être validées par leBuilding Research Establishment(BRE), l'organisme chargé du développement du SAP, avant de pouvoir être utilisées pour attester de la conformité aux réglementations en matière de construction.
Au fil des versions successives de SAP publiées en 1998, 2001, 2005, 2009, 2012 et 2022, la complexité du modèle s'est accrue. Les éléments de construction ont été traités de manière plus sophistiquée afin d’améliorer la précision du modèle (par exemple, le traitement des jonctions dans l’isolation thermique ou – l’un de mes préférés – une prise en compte améliorée des performances des systèmes solaires thermiques en 2005). De nouvelles technologies ont été plus largement adoptées dans le secteur de la construction et ont dû être intégrées (par exemple, le stockage par batterie en 2022).
Les difficultés de croissance de SAP
Les lacunes de cette approche avaient commencé à apparaître au fil du temps, mais elles ont été mises en évidence de manière flagrante lors de la mise en œuvre de 2022. Les promoteurs immobiliers ont eu du mal à déterminer comment construire de nouveaux logements conformes aux nouvelles normes de construction déjà en vigueur, alors même que le logiciel tiers n'était pas disponible en raison de retards dans le processus de certification.
Une autre raison justifiant une révision en profondeur du modèle,soulignée par la Commission sur le changement climatique, était l'émergence de technologies clés qu'il n'était pas possible d'intégrer facilement, avec précision et en temps utile dans le cadre existant :
- Énergie solaire photovoltaïque et autoconsommation de l'électricité produite
- Stockage de l'électricité dans des batteries
- Dérivateurs solaires photovoltaïques
- Tarifs énergétiques en fonction des heures de consommation
- Gestion intelligente de l'énergie : adapter la consommation d'énergie aux tarifs avantageux et à la disponibilité des énergies renouvelables.
Le modèle SAP reposait sur une résolution temporelle mensuelle. Cela signifiait que l'impact des nouvelles technologies devait être démontré dans le cadre d'études menées en conditions réelles et qu'il fallait calculer une performance moyenne sur l'ensemble des foyers avant de pouvoir intégrer au modèle une estimation simplifiée de l'impact mois par mois.
L'introduction du stockage par batterie dans la version 2022 en est un bon exemple. Les données étaient rares, car cette technologie était relativement récente. Une performance moyenne simplifiée, établissant un lien entre la capacité solaire installée, la consommation totale d'énergie et la capacité de stockage par batterie, a été calculée en appliquant une droite de meilleur ajustement aux données disponibles. Cette formule a été intégrée au modèle SAP mensuel. Aucune donnée n’étant disponible sur les logements combinant un système de stockage par batterie et des dérivateurs photovoltaïques, le modèle SAP n’autorisait l’utilisation que d’une seule de ces technologies à la fois.
Une nouvelle approche
Le gouvernement mène actuellementune consultation sur une refonte en profondeur de ce modèle. Le changement est si important que l'abréviation SAP a été abandonnée au profit d'une nouvelle appellation : « The Home Energy Model ». Parmi les changements, on peut citer :
- Le modèle sera disponible sous la forme d'un « moteur central » logiciel hébergé dans le cloud, dont le code source sera publié sur GitHub
- Des « wrappers » seront publiés pour différentes applications ; ceux-ci s’appuieront sur des hypothèses de départ différentes, qui seront ensuite intégrées au même moteur central. Le premier wrapper publié concernera la réglementation en matière de construction de 2025, suivi d’un wrapper destiné à la génération de certificats de performance énergétique (CPE) pour les logements existants.
- Le logiciel fonctionne avec une résolution temporelle de 30 minutes, ce qui permet une meilleure modélisation des technologies intelligentes telles que l'énergie solaire, le stockage par batterie et les tarifs énergétiques en fonction des heures de consommation.
- Le calcul actualisé de la production photovoltaïque repose sur la méthodologie horaire définie dans la norme BS EN 15316-4-3:2017, qui tient compte de l'effet de la ventilation à l'arrière des panneaux.
Conséquences pour le secteur solaire
Le secteur de l'énergie solaire devrait se réjouir du passage du SAP au nouveau modèle énergétique domestique.
Le passage à un logiciel basé sur le cloud modernise cette approche. La séparation entre un moteur central, fondé sur les meilleures méthodes disponibles de modélisation de la physique du bâtiment, et les « interfaces » qui mettent clairement en évidence les hypothèses et les données d'entrée du modèle pour des applications spécifiques telles que les réglementations en matière de construction ou les certificats de performance énergétique (CPE), facilite considérablement l'analyse du fonctionnement de cette « boîte noire ».
Le passage à une résolution d'une demi-heure permet de mieux prendre en charge les technologies habilitantes compatibles avec le photovoltaïque solaire : stockage par batterie, systèmes de gestion intelligente de l'énergie et production d'eau chaude grâce à des thermoplongeurs alimentés par l'énergie photovoltaïque. Cela renforcera encore davantage la place du photovoltaïque solaire en tant qu'élément incontournable de toute nouvelle construction au Royaume-Uni.
Ce blog a été publié pour la première fois sur Solar Blogger ici
Image principale tirée du site gov.uk
